Hans Jonas
Le principe responsabilité
L’essor de la technique et le problème de l’aliénation moderne.
Ce qu’il faut voir avant d’entamer directement la théorie du « principe responsabilité » de Hans Jonas , c’est le contexte dans lequel s’inscrit celle-ci. Ce dernier nous demande de considérer l’histoire « entière » de la civilisation occidentale afin d’apercevoir quelque chose de bien précis et d’une ampleur qui aujourd’hui nous dépasse tous, à savoir que l’essence de l’agir humain s’est transformée. Autrement dit, notre pouvoir d’action, à nous, aujourd’hui même, n’est plus du tout celui des anciens, c’est-à-dire des Grecs et des chrétiens. Cette modification regarde particulièrement, et de façon fondamentale, le pouvoir, le vouloir et le savoir de l’homme.
Pour commencer, essayons de voir le monde vécu des anciens.
La nature pour l’homme antique est invulnérable, immuable. La nature et l’homme font parti d’un ordre cosmique inviolable qui a un cycle bien défini. Aristote, par exemple, croit que les essences sont éternelles. L’essence de l’homme pour ce dernier est sa rationalité. Or, les individus meurent, mais la rationalité, elle ne peut mourir. Autrement dit, il y aura toujours des hommes rationnels. Il en est de même pour toutes les essences. Toutes les espèces et les genres possèdent leurs essences. Les choses ont leurs valeurs en soi. La nature, ce qu’on appelle l’être (ce qui fait que les êtres sont) est de tout temps et ne serait ne pas être. C’est si vrai, que les anciens pensent que la Terre est au centre de l’univers et que les astres (qui sont des corps ronds parfaits), tournent et tourneront éternellement autour. Donc, il est impossible que la Terre et les astres (la nature) ne soient plus. C’est un monde clôt, fini qui n’admet pas la notion de possibilité du rien en son sein. Il est réel et éternel : impossible qu’il ne soit plus. L’homme antique ne saurait donc changer la nature des choses. (Il n’y a pas l’idée de l’évolution chez les anciens; il faut attendre le 17 siècle pour que celle-ci commence à émerger). Le pouvoir d’action de l’homme est très limité. Ses capacités techniques et son agir représentent un faible tribut. La nature s’imposant d’elle-même, les Grecs ne développent pas d’éthique par rapport aux choses (on ne se soucie pas de la survie des animaux ou de la forêt). Bien au contraire, on se soucie de se protéger d’eux. L’éthique s’élabore donc dans le commerce de l’homme avec lui-même. Elle ne regarde que la cité humaine. Mais là, c’est plus qu’autrement le sens commun qui fixe la règle parce que l’acteur et l’autre partagent un présent commun. Ils sont dans un rapport de proximité. L’univers moral se limite à la vie présente et les règles de l’action sont quasi toujours préétablies. Le savoir de l’action morale, c’est la tradition morale qui le donne. Aucunement besoin d’experts pour dire au monde quoi faire en tel domaine. Il n’y a pas de théorisation morale. Tous les hommes savent quoi faire ici et maintenant. Ils vivent de manière plus immédiate pourrait-on dire. En fait, dans la Grèce antique le terme individu n’existe pas. La tradition et les mœurs sont si présentes que rien n’amène un individu à se différencier. Il n’y a pas de sujet, le corps fait un tout. (Il n’en est cependant plus ainsi à partir du quatrième siècle avant Jésus-Christ).
On peut dire que le Moyen-Âge chrétien au niveau de la relation avec la nature va demeurer similaire. Le penseur illustre de la chrétienté : Saint-Thomas d'Aquin va poursuivre et maintenir la théorie aristotélicienne des essences et des formes éternelles. La différence est bien sûr qu’il va théoriser tout cela à la lumière de la révélation. Il faut cependant voir qu’une chose change particulièrement. La nature est plus dépréciée par la chrétienté. C’est le monde du devenir, changeant, multiple. C’est le monde des passions, de la sensibilité, de la souffrance. Le corps est plus déprécié et l’esprit est primordial. On retrouve ces idées aussi chez les Grecs d’après le quatrième siècle, mais là elles s’universalisent. Cette valeur négative de la nature va persister après le moyen âge.
Ce qui va sonner le coup de grâce de la modernité et qui va rendre possible la théorie de Hans Jonas, c’est la révolution copernicienne et galiléenne. Pourquoi? Copernic, pour des raisons mathématiques va se voir contraint de positionner le Soleil au centre de l’univers et déloger la Terre de sa position (centre de l’univers). Cela fera du bruit, mais, le coup fatal, c’est Galilée qui, levant sa lunette (premier télescope) vers le ciel, sonne la mort de vérités vieilles de milliers d’années. Qu’est-ce que Galilée dit à l’humanité : vos sens sont trompeurs. Vous humains vos yeux vous ont trompés? Je vous ai dit que le Grec voit le Soleil se lever. La vérité est t’elle : le Soleil se lève et se couche. Le ciel est bleu; le ciel est bleu. Pourquoi ? Parce qu’il y a adéquation de celui qui voit et de ce qui est vu, du sujet et de l’objet et cette adéquation s’inscrit dans un télos, dans un sens de l’être et de la nature au sein duquel habite l’homme. Or le sens commun (le monde commun et ses vérités) est basé sur cette vision. (La Terre est au centre de l’univers) La lunette de Galilée signe la mort du sens commun. Là, il y aura un fort bouillonnement des idées. Il y a la découverte de l’Amérique, l’univers clos va s’agrandir à l’infini, etc. Cela ébranle tellement les vérités ancestrales qu’advient l’hérésie. On brûle les penseurs qui contredisent la révélation, etc. Deux choses importantes adviennent alors: le sujet et l’objectivation de la nature : son instrumentalisation. La lunette (premier télescope) de Galilée est un symbole du pouvoir de l’instrument. On dénote souvent ce moment comme l’aliénation de l’homme par apport au monde. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a plus adéquation entre la nature et l’homme. Nous ne croyons plus ce que nous livrent les sens. René Descartes va thématiser l’homme comme un sujet pensant (une âme) devant la chose étendue (le monde). L’homme s’abstrait du monde, ce qui nous conduit à pouvoir nous représenter le monde comme un objet. Descartes va trouver les seules vérités possibles dans les abstractions logicomathématiques se trouvant dans le sujet. Descartes libère la nature de toutes finalités, du télos. Il faut maintenant l’investir mathématiquement, logiquement et surtout l’instrumentaliser. C’est-à-dire la soumettre à nos mesures, à nos instruments, à notre raison. Il faut l’objectiver. La nature n’est plus une entité vivante portant en son sein un sens, c’est maintenant un objet. Or un point crucial de cette révolution c’est qu’elle tend à dominer la nature, à en faire une chose que l’on peut manipuler. « Devenir seigneurs et maîtres de la nature » disait Descartes. Nous perdons un rapport au monde premier, celui de notre apparition au sein de la nature, et non pas un rapport de domination ou nous nous situons devant elle pour la soumettre. De même, nous ne la comprenons plus comme vie, mais comme matière. Cela sera très fertile (microscope, Newton, communication, science en générale, progrès de la médecine, mieux-vivre). Mais, en tout cela, nous objectivons la nature. Nous observons des faits sans valeurs. Nous la neutralisons. Il est très important de voir que la nature ici ne touche pas juste l’environnement, les animaux, mais aussi nous-mêmes en tant que corps sensibles, naturels.
Déjà là, nous voyons Kant arriver : il y a une séparation entre la liberté et la nature, entre le sujet et l’objet, entre l’esprit et le corps. Cela était déjà présent dans la chrétienté. La nature n’a plus de valeur en soi, elle n’a plus de devoir être. L’homme et le monde ont perdu leur sens premier (la chrétienté est ébranlée par la révolution scientifique) Elle est stérilisée, mais l’homme aussi devient un objet stérilisé. Il est soumis à la science. C’est la naissance de l’anthropologie, de la psychologie. L’homme devient aussi un ensemble de fait sans valeur. L’homme devient comme la nature un processus. On y découvre des lois de la nature. On découvre qu’il a une histoire objective, qu’il est lui-même un processus évolutif. On le comprend comme une chose.
Grâce à l’instrumentalisation, l’homme domine toute la nature et il l’a maîtrise. Il développe des technologies, des connaissances, son pouvoir d’action est de plus en plus grand, mais en même temps, puisqu’il objective tout, il devient de plus en plus étrangé à lui-même et au monde, car tous deux ne sont pas des choses. Il ne vit plus dans une relation de proximité avec ses semblables, il n’a plus de sens commun. Avant la révolution copernicienne, les hommes partagent davantage une communauté de sens axé sur la révélation divine et sur les vérités sensibles. Mais maintenant, la religion chavire et les vérités ancestrales, données par les sens, s’effacent. L’homme s’aliène. Les hommes ne savent plus ce qu’est le devoir être. Il faut voir que cela se voit dans les révolutions politiques et chez les penseurs politiques du XVI siècle. On essaie de trouver des systèmes éthiques et politiques pour permettre aux hommes de bien vivre ensemble, car la religion ne tient plus et plusieurs guerres religieuses bouleversent l’humanité. Il y a la naissance de la société contractuelle qui relève alors de la perte du sens commun : les hommes doivent passer des accords et des contacts formels (instrumentalisation politique) parce qu’ils ne savent plus comment vivre ensemble, parce qu’aucune vérité ne peut les rapprocher. Ils n’ont plus de valeurs communes.
Ils n’ont plus d’éthique certaine. La preuve, c’est que vous avez un cours d’éthique. Ils ne savent plus vraiment comment agir, ni dans quel but. Et l’un des problèmes de cette situation, qui est plus que jamais la nôtre, c’est la puissance de notre pouvoir technique. Notre domination de la nature héritée de cette perte du monde ancestral.
Aujourd’hui, notre puissance technique dépasse notre connaissance scientifique exacte. Quand on a utilisé les électrochocs pour soigner certaines pathologies mentales, c’était sans savoir exactement quels était les effets sur le cerveau, avec pour seule caution quelques résultats. Les médicaments allopathiques ont eux-mêmes cette ambiguïté. On constate après des essais sur les animaux qu’ils ont des effets néfastes. Cela ce produit tous les jours sur les hommes, surtout dans l’Afrique pauvre, véritable laboratoire de sciences expérimentales de l’industrie pharmacologique.
Le principe responsabilité
L’essor de la technique et le problème de l’aliénation moderne.
Ce qu’il faut voir avant d’entamer directement la théorie du « principe responsabilité » de Hans Jonas , c’est le contexte dans lequel s’inscrit celle-ci. Ce dernier nous demande de considérer l’histoire « entière » de la civilisation occidentale afin d’apercevoir quelque chose de bien précis et d’une ampleur qui aujourd’hui nous dépasse tous, à savoir que l’essence de l’agir humain s’est transformée. Autrement dit, notre pouvoir d’action, à nous, aujourd’hui même, n’est plus du tout celui des anciens, c’est-à-dire des Grecs et des chrétiens. Cette modification regarde particulièrement, et de façon fondamentale, le pouvoir, le vouloir et le savoir de l’homme.
Pour commencer, essayons de voir le monde vécu des anciens.
La nature pour l’homme antique est invulnérable, immuable. La nature et l’homme font parti d’un ordre cosmique inviolable qui a un cycle bien défini. Aristote, par exemple, croit que les essences sont éternelles. L’essence de l’homme pour ce dernier est sa rationalité. Or, les individus meurent, mais la rationalité, elle ne peut mourir. Autrement dit, il y aura toujours des hommes rationnels. Il en est de même pour toutes les essences. Toutes les espèces et les genres possèdent leurs essences. Les choses ont leurs valeurs en soi. La nature, ce qu’on appelle l’être (ce qui fait que les êtres sont) est de tout temps et ne serait ne pas être. C’est si vrai, que les anciens pensent que la Terre est au centre de l’univers et que les astres (qui sont des corps ronds parfaits), tournent et tourneront éternellement autour. Donc, il est impossible que la Terre et les astres (la nature) ne soient plus. C’est un monde clôt, fini qui n’admet pas la notion de possibilité du rien en son sein. Il est réel et éternel : impossible qu’il ne soit plus. L’homme antique ne saurait donc changer la nature des choses. (Il n’y a pas l’idée de l’évolution chez les anciens; il faut attendre le 17 siècle pour que celle-ci commence à émerger). Le pouvoir d’action de l’homme est très limité. Ses capacités techniques et son agir représentent un faible tribut. La nature s’imposant d’elle-même, les Grecs ne développent pas d’éthique par rapport aux choses (on ne se soucie pas de la survie des animaux ou de la forêt). Bien au contraire, on se soucie de se protéger d’eux. L’éthique s’élabore donc dans le commerce de l’homme avec lui-même. Elle ne regarde que la cité humaine. Mais là, c’est plus qu’autrement le sens commun qui fixe la règle parce que l’acteur et l’autre partagent un présent commun. Ils sont dans un rapport de proximité. L’univers moral se limite à la vie présente et les règles de l’action sont quasi toujours préétablies. Le savoir de l’action morale, c’est la tradition morale qui le donne. Aucunement besoin d’experts pour dire au monde quoi faire en tel domaine. Il n’y a pas de théorisation morale. Tous les hommes savent quoi faire ici et maintenant. Ils vivent de manière plus immédiate pourrait-on dire. En fait, dans la Grèce antique le terme individu n’existe pas. La tradition et les mœurs sont si présentes que rien n’amène un individu à se différencier. Il n’y a pas de sujet, le corps fait un tout. (Il n’en est cependant plus ainsi à partir du quatrième siècle avant Jésus-Christ).
On peut dire que le Moyen-Âge chrétien au niveau de la relation avec la nature va demeurer similaire. Le penseur illustre de la chrétienté : Saint-Thomas d'Aquin va poursuivre et maintenir la théorie aristotélicienne des essences et des formes éternelles. La différence est bien sûr qu’il va théoriser tout cela à la lumière de la révélation. Il faut cependant voir qu’une chose change particulièrement. La nature est plus dépréciée par la chrétienté. C’est le monde du devenir, changeant, multiple. C’est le monde des passions, de la sensibilité, de la souffrance. Le corps est plus déprécié et l’esprit est primordial. On retrouve ces idées aussi chez les Grecs d’après le quatrième siècle, mais là elles s’universalisent. Cette valeur négative de la nature va persister après le moyen âge.
Ce qui va sonner le coup de grâce de la modernité et qui va rendre possible la théorie de Hans Jonas, c’est la révolution copernicienne et galiléenne. Pourquoi? Copernic, pour des raisons mathématiques va se voir contraint de positionner le Soleil au centre de l’univers et déloger la Terre de sa position (centre de l’univers). Cela fera du bruit, mais, le coup fatal, c’est Galilée qui, levant sa lunette (premier télescope) vers le ciel, sonne la mort de vérités vieilles de milliers d’années. Qu’est-ce que Galilée dit à l’humanité : vos sens sont trompeurs. Vous humains vos yeux vous ont trompés? Je vous ai dit que le Grec voit le Soleil se lever. La vérité est t’elle : le Soleil se lève et se couche. Le ciel est bleu; le ciel est bleu. Pourquoi ? Parce qu’il y a adéquation de celui qui voit et de ce qui est vu, du sujet et de l’objet et cette adéquation s’inscrit dans un télos, dans un sens de l’être et de la nature au sein duquel habite l’homme. Or le sens commun (le monde commun et ses vérités) est basé sur cette vision. (La Terre est au centre de l’univers) La lunette de Galilée signe la mort du sens commun. Là, il y aura un fort bouillonnement des idées. Il y a la découverte de l’Amérique, l’univers clos va s’agrandir à l’infini, etc. Cela ébranle tellement les vérités ancestrales qu’advient l’hérésie. On brûle les penseurs qui contredisent la révélation, etc. Deux choses importantes adviennent alors: le sujet et l’objectivation de la nature : son instrumentalisation. La lunette (premier télescope) de Galilée est un symbole du pouvoir de l’instrument. On dénote souvent ce moment comme l’aliénation de l’homme par apport au monde. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a plus adéquation entre la nature et l’homme. Nous ne croyons plus ce que nous livrent les sens. René Descartes va thématiser l’homme comme un sujet pensant (une âme) devant la chose étendue (le monde). L’homme s’abstrait du monde, ce qui nous conduit à pouvoir nous représenter le monde comme un objet. Descartes va trouver les seules vérités possibles dans les abstractions logicomathématiques se trouvant dans le sujet. Descartes libère la nature de toutes finalités, du télos. Il faut maintenant l’investir mathématiquement, logiquement et surtout l’instrumentaliser. C’est-à-dire la soumettre à nos mesures, à nos instruments, à notre raison. Il faut l’objectiver. La nature n’est plus une entité vivante portant en son sein un sens, c’est maintenant un objet. Or un point crucial de cette révolution c’est qu’elle tend à dominer la nature, à en faire une chose que l’on peut manipuler. « Devenir seigneurs et maîtres de la nature » disait Descartes. Nous perdons un rapport au monde premier, celui de notre apparition au sein de la nature, et non pas un rapport de domination ou nous nous situons devant elle pour la soumettre. De même, nous ne la comprenons plus comme vie, mais comme matière. Cela sera très fertile (microscope, Newton, communication, science en générale, progrès de la médecine, mieux-vivre). Mais, en tout cela, nous objectivons la nature. Nous observons des faits sans valeurs. Nous la neutralisons. Il est très important de voir que la nature ici ne touche pas juste l’environnement, les animaux, mais aussi nous-mêmes en tant que corps sensibles, naturels.
Déjà là, nous voyons Kant arriver : il y a une séparation entre la liberté et la nature, entre le sujet et l’objet, entre l’esprit et le corps. Cela était déjà présent dans la chrétienté. La nature n’a plus de valeur en soi, elle n’a plus de devoir être. L’homme et le monde ont perdu leur sens premier (la chrétienté est ébranlée par la révolution scientifique) Elle est stérilisée, mais l’homme aussi devient un objet stérilisé. Il est soumis à la science. C’est la naissance de l’anthropologie, de la psychologie. L’homme devient aussi un ensemble de fait sans valeur. L’homme devient comme la nature un processus. On y découvre des lois de la nature. On découvre qu’il a une histoire objective, qu’il est lui-même un processus évolutif. On le comprend comme une chose.
Grâce à l’instrumentalisation, l’homme domine toute la nature et il l’a maîtrise. Il développe des technologies, des connaissances, son pouvoir d’action est de plus en plus grand, mais en même temps, puisqu’il objective tout, il devient de plus en plus étrangé à lui-même et au monde, car tous deux ne sont pas des choses. Il ne vit plus dans une relation de proximité avec ses semblables, il n’a plus de sens commun. Avant la révolution copernicienne, les hommes partagent davantage une communauté de sens axé sur la révélation divine et sur les vérités sensibles. Mais maintenant, la religion chavire et les vérités ancestrales, données par les sens, s’effacent. L’homme s’aliène. Les hommes ne savent plus ce qu’est le devoir être. Il faut voir que cela se voit dans les révolutions politiques et chez les penseurs politiques du XVI siècle. On essaie de trouver des systèmes éthiques et politiques pour permettre aux hommes de bien vivre ensemble, car la religion ne tient plus et plusieurs guerres religieuses bouleversent l’humanité. Il y a la naissance de la société contractuelle qui relève alors de la perte du sens commun : les hommes doivent passer des accords et des contacts formels (instrumentalisation politique) parce qu’ils ne savent plus comment vivre ensemble, parce qu’aucune vérité ne peut les rapprocher. Ils n’ont plus de valeurs communes.
Ils n’ont plus d’éthique certaine. La preuve, c’est que vous avez un cours d’éthique. Ils ne savent plus vraiment comment agir, ni dans quel but. Et l’un des problèmes de cette situation, qui est plus que jamais la nôtre, c’est la puissance de notre pouvoir technique. Notre domination de la nature héritée de cette perte du monde ancestral.
Aujourd’hui, notre puissance technique dépasse notre connaissance scientifique exacte. Quand on a utilisé les électrochocs pour soigner certaines pathologies mentales, c’était sans savoir exactement quels était les effets sur le cerveau, avec pour seule caution quelques résultats. Les médicaments allopathiques ont eux-mêmes cette ambiguïté. On constate après des essais sur les animaux qu’ils ont des effets néfastes. Cela ce produit tous les jours sur les hommes, surtout dans l’Afrique pauvre, véritable laboratoire de sciences expérimentales de l’industrie pharmacologique.
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