Pour Nietzsche, la culture est fondée sur un dualisme.
Ce qui est traditionnellement entendu comme
beau, bien, vrai, dieu, vie et temps sont mis en questions.
Il critique avec force la tradition
Ce que vise Nietzsche c’est la métaphysique
Physique = nature
Meta = sur : science de l’au-delà de la physique
La métaphysique = la science de ce qui dure
= Le savoir, la connaissance de ce qui est vrai et bien
= Fondement théorique et moral de la connaissance
Très important: Pour Nietzsche, les valeurs sont des symptômes de types de vie. Nietzsche reconduit les valeurs présentent chez un individu ou un peuple aux instances pulsionnelles qui les produisent. Ce qu'il montre, c'est la valeur de ces valeurs, c'est-à-dire la force d'avenir ou la faiblesse qu'elles représentent. Nous verrons ce que signifie force et faiblesse.
Autre point: il faut voir que tout est question de valeurs et donc de forces dans l'existence.
En ce sens, l'existence est dynamique. Il y a sans cesse créations de valeurs et pas de vérités fermes: " Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont "
et : " L'art est là pour ne pas mourir de la vérité "
La philosophie au temps de la naissance de la tragédie se veut sagesse tragique, mais avec Socrate, l’existence perd comme l’ouverture vers le côté nocturne de la vie, elle perd le savoir mystique de l’unité de la vie et de la mort, la tension entre l’individuation et le fond originellement un de la vie. (35)L’existence devient banale, captive de l’apparence, elle est démystifiée. Pour deux siècles, l’horizon du questionnement philosophique va se rétrécir ne visant plus l’action du tout universel mais simplement l’étant intérieur au monde. 36 Et c’est là le problème même de la métaphysique : de croire aux étants et de leur imposer une hiérarchie. Il y a division du monde intramondain et division entre l’intramondain et l’extra mondain. Le tout du monde tragique est perdu.
Chez Socrate, il se serait formé simplement un aspect de l’esprit mais celui-ci de façon excessive, à savoir l’aspect logico rationnel
Traditionnellement : Christianisme et philosophie grec
Un système d’opposition
Valeurs supérieures
Etre: Ce qui demeure / fixe
Ce qui fait que tout est
Monde suprasensible - Dieu
Idée /Concept / Esprit/ Raison
Immatériel
Éternel
Qualités :
Beau
Bien
Vrai
Sagesse
Haut
Juste
Pour la connaissance :
Vérité
Savoir
Universel
Fixe et stable – unité - loi
Permanence
Identité
Valeurs inférieures
Non-être: changement/devenir
Monde sensible
Corps et Sens
Matériel
Toujours en devenir
Qualités :
Laid
Mal (souffrance)
Faux
Sot
Bas
Injuste
Pour la connaissance :
Erreur
Ignorance
Particulier
Diversité
Apparence
Pluralité
p.113.
La vision théorique du monde est fondée sur un instinct esthétique affaibli qui a perdu toutes ses forces. 37 Des animaux intelligents ont inventé la connaissance. Ce fut l’instant du plus grand mensonge et de la suprême arrogance dans l’histoire universelle. Le langage est selon lui le tout des conventions qui fixent les dénominations désormais valables (41). Il n’est pas le lieu d’une vérité en soi. Les idées ne sont plus d’abord des « vérités » ou des « faussetés » ; ce sont des symptômes vitaux, des signes qui trahissent une existence.
Nietzsche va se demander s’il n’y a pas une relation entre les sens et l’esprit
Il va réaliser une inversion de la tradition
Démontrer la genèse du concept, du langage, de l’esprit, de dieu
1: excitation nerveuse
Sens
Non-être
Endevenir (toujours)
2: image
3: Mot
4: Concept
Raison
Esprit
Etre
Fixe
De 1 à 4 = une abstraction / une simplification /
une stratégie de la vie pour maîtriser le monde
pour voir en gros
Des tendances vitales agissent derrière la volonté de vérité et ces tendances vitales ne sont pas désintéressées. (59) Nietzsche développe alors un grand art de la diffamation et du désenchantement, la joie sacrilège d’expliquer le supérieur à partir de l’inférieur, l’idéal à partir de l’instinct, la grandeur de l’existence à partir de choses trop humaines : la généalogie (68).
Le philosophe = falsification inconsciente
Tout cela est fondé sur quelque chose de plus profond :
La volonté de puissance
Il faut retenir ici que pour simplifier la chose, les termes de corps, vie, organisme, force, pulsions = équivalent.
La volonté de puissance :
-L’essence même de tout organisme vivant.
-C’est la force vitale qui habite tout être et qui crée tout être.
-C’est l’essence même de la terre et de tout corps.
Pour Nietzsche : tout organisme est constituée d’affects, de pulsions, d’instincts qui sont des forces.
En ce sens tout est organique et terrestre.
Nietzsche saisit la volonté de puissance par une intuition, par l’ouverture au flux du devenir, à la vie constructrice destructrice, au jeu qu'est le monde
La substance, la chose et le je sont des fictions, des formes de la volonté de puissance
Le monde en fait un flux
La falsification est une nécessité biologique pour fin de maîtrise.
Le je dans les choses est une falsification. Il n y a pas de choses finies demeurant dans leur finitude au sens objectif du terme
Le but des des pulsions :
- la maîtrise, la conquête, la croissance
- commander et être obéit
- vouloir plus / se dépasser
- créer son monde, s’imposer
Ceci est en tout organisme et entre tout organisme : pour tout
La vie = toujours une lutte / une joute / des conflits / souffrance et joie
Exemples :
- Dialogue et idées : un(e) veut avoir raison= remporter une victoire
- Le jugement : Imposer son sens
- Les animaux : Le territoire
- Les guerres
- La maladie : il y a lutte dans le corps
- Le masochiste : Il y a conflit dans les pensées
- Les désirs : Ne pas vouloir ceci, mais cela.
La haine
Il y a deux sens à la volonté de puissance :
ascendante et descendante
Il faut parvenir à une conscience de soi supérieure où la création transcendantale des valeurs est œuvre de l’existence. Il rejette les valeurs chrétiennes du point de vue de leur contenu. La remonté à la vie qui évalue devient chez lui le principe d’un nouvel établissement des valeurs, parce qu’en secret il évalue la vie elle-même du point de vue de la « force » et de la « faiblesse ». (155). La force et la santé là où l’homme accepte courageusement la situation tragique et où héroïquement il est prêt à vaincre ou à sombrer, à connaître la volonté de puissance ; la faiblesse, à s’en détourner
La morale aristocratique des maîtres procède du pathos de la distance. Elle crée des valeurs : fierté = hiérarchie = vertus guerrières = mépris de ce qui est inférieurs et seulement utile.La morale des faibles = niveler / égalité / instinct de vengeance contre nobles / tue l’exception. Pour elle, ce qui est puissant et conscient de sa puissance est méchant. La morale des faibles est reçu et non créée
Volonté de puissance forte
Hiérarchie des pulsions
en l’organisme et entre les organismes
Chacun est à sa place
Le tout marche bien et avance
Santé/ Joie / Fierté
Volonté de puissance faible
Anarchie des pulsions et/ ou tyrannie d’une sur les autres
en et entre les organismes
Tout n’est pas à sa place
L’organisation est difficile
Haine/ Souffrance/ Culpabilité
La tradition métaphysique
La Vérité / Le Bien et le Mal / Dieu
sont volonté de puissance mais une volonté affaiblie, décadente.
Pourquoi ?
Réprimande les instincts, les passions, la vie, maintient l’humanité sous le joug de devoir.
L’esprit (compris traditionnellement)
L’intériorité est le résultat d’une perversion des instincts.
L’esprit n’est pas l’essence de l’homme comme chez Descartes
Il est une création de la volonté de puissance affaiblie
Une stratégie de survie
Il est organique
Il est un tyran
C’est la raideur d’un membre blessé
La Liberté
Nietzsche fait figure de l’esprit libre qui se libère de la servitude (66). L’homme ne cherche plus ses buts au dehors, mais en lui-même (66).
Vivre sera alors oser, et la vie devient possible comme expérimentation. C’est un nouveau sentiment de l’existence qui habite Nietzsche : la grande témérité de l’esprit qui ne se réclame plus de rien. (66). Dès lors, les étoiles de l’idéal ne sont que les perspectives du dépassement de soi-même.
Est aussi la volonté de puissance :
= sentiment de supériorité : commander et être obéi
= sentiment de facilité : force qui se déploie, victoire,joie
= « La vie s’exprime davantage par les instincts que par la raison.
Quel qu’il soit, l’instinct est source de liberté, l’instrument du progrès ».
Vouloir = pouvoir
Traditionnellement,
Liberté = responsabilité et culpabilité pour
1)Réprimander les instincts : sexe, violence, la joie des désirs, la lutte.
2)Récompenser d’un monde meilleur en dieu, dans l’abstinence.
Faire croire que l’on peut si l’on veut, qu’on est libre de choisir ( le bien)
Vouloir = devoir
La chrétienté et la morale, avec leur vérité, bien et beau = Dressage de l’homme instinctuel. Veut aussi commander, et que quelque chose soit obéit.
Mais il est faible et impuissant :
Pourquoi ?
Volonté déclinante et ascendante :
Volonté déclinante : Ressentiment (a expliquer)
L’intériorité est le résultat d’une perversion des instincts.
« Tous les instincts qui n’ont pas de débouché, que quelque force répressive empêche d’éclater au dehors, retourne en dedans ».
Le monde intérieur équivaut à l’empêchement de l’expansion vers l’extérieur.
La thèse de Nietzsche sur la conscience morale, c’est que la conscience n’est rien d’autre que l’instinct de la cruauté empêché d’éclater au dehors et qui pour cette raison se retourne en dedans, c’est la mauvaise conscience. La cruauté équivaut à un instinct fondamental qui procure du plaisir à voir souffrir autrui.
Dévalorise les sens, les instincts, les désirs
Impuissant à réaliser sa force, ses désirs.
Incapacité d’affronter les forces multiples de la vie.
Incapable d’affronter les obstacles de la vie et la souffrance
Il renonce à maîtriser, à commander.
Il n’agit pas, il réagit
Il n’affirme pas, il nie
Il se replie sur lui-même (timide)
Il accuse la vie et les personnalités fortes.
C’est un lâche et un peureux
En lui se réalise une compensation imaginaire qui relève de son impuissance :
Dieu / amour du prochain et humanisme = vengeance contre la source du mal : passion, instinct, orgueil, fierté, amour de soi, amoral, expression individuelle.
=vengeance contre les nobles et les forts: Noble = Je suis bon donc tu es mauvais
: Faible = Tu es mauvais donc je suis bon = réaction
" Votre amour du prochain, c'est votre mauvais amour de vous-mêmes "
= Tentative de camoufler son impuissance en cherchant l'amour du prochain, l'amour du troupeau.
= une illusion pour tenter de dominer
= bon parce que le monde, la vie terrestre, le corps est mauvais
Invention de la morale : expulser ce qui est mal (ce qui nous fait peur) en inventant le Bien et le Mal.
Le but des faibles est de donner mauvaise conscience aux forts.
Valeurs entretenue : humilité, sacrifice de soi, désintérêt, vénération, attente, oubli de soi.
En fait : quitter cette vie pour être libéré de la souffrance et de l’impuissance.
Dieu domine et tous doivent s’y soumettre = nivellement des esprit
Je ne me commande plus et ne m’obéit plus.
Le nihilisme :
Ceci (être) est le début d’un nihilisme passif :
- un symptôme de décadence de l’organisme : une maladie
- Commence par la croyance en des valeurs supérieures (mécanisme de défense, une stratégie de la volonté pour demeurer en vie)
- Négation du monde terrestre et du temps (mort) : espoir d’un autre monde
- Néant (parce que cela n’existe pas)
Cela est efficace pour Platon et les Chrétiens : mais au cours de l’histoire c’est valeurs vont s’effriter (Dieu tombe en poussière) : elles vont devenir petite.
Décomposition des anciennes valeurs et de leur hiérarchie.
Nihilisme est aussi la reconnaissance de l’absence de valeurs. Il fait donc figure d’un intermédiaire / d’une ambiguïté / d’une ambivalence. Il est crépuscule et aurore.
À ce moment, « tout peu être signe de déclin ou de force ». C’est le moment de la démocratie et de l’anarchie des instincts.
Perte de sens et de but : aucune valeur ne domine (aujourd’hui)
Tout s’équivaut et plus rien ne vaut : lassitude, fatigue, l’homme veut le rien, cherche son petit confort et attend, l 'homme se dégoûte, n'a même plus la force de mépriser: cela est vain et vanité.
C'est un crépuscule: l'homme suivra son Dieu dans la tombe !
Faut renverser ça
Nihilisme actif ou extatique
Ne s’apitoie pas sur l’absence de sens
L’homme qui se fait lui-même destructeur des anciennes valeurs.
Détruit les anciennes tables de valeurs : vérité, bien, vrai, Juste
Descartes : (la recherche de la vérité anime l’être humain)
Détruire :
1) Christianisme : détruit le corps, maîtriser les passions
2) Le pieux et l’ascétique : privation, mortification, lutte contre désirs
3) Science : exactitude, lois universelle, objectivité du réel.
4) Rationaliste qui accorde à la raison de trouver sa seule valeur : La
5) Vérité
Volonté de puissance ascendante:
L’homme fidèle à la vie, à ses instincts, ses désirs, passions.
Pas besoin de dogmes extrêmes.
Aime une bonne part de non-sens et de hasard.
La volonté de puissance comme possession de soi pour se surmonter :
Combats les obstacles, aime la joute qu’est la vie
Égoïsme souverain, fierté, perfection, à de grands projets.
Affirmation de soi, valorise ses intérêts
La volonté de puissance rejette les « tu dois » :
Rejeter toute moralité
Rejeter ce qui s’oppose à nos désirs, qui est contre les instincts.
Rejeter le tyran (Dieu- Raison) qui limite notre horizon
Rejeter la morale du troupeau.
La volonté de puissance comme création de valeurs nouvelles :
« C’est là ce que je veux ! C’est ainsi que je le voudrai »
N’accepte pas les valeurs sociales.
Veut créer ce qui le dépasse
La plus grande volonté de puissance :
Déployer sa force instinctive en énergie créatrice.
Pas l’homme qui se laisse aller à tous ses petits désirs :
Masturbation, drogue, alcool, etc. = être esclave
= fuite d’un mal
Cette volonté ascendante est le propre du surhomme :
Le surhomme :
Napoléon : " J'aime le pouvoir (...) en artiste, (...) comme un musicien aime son violon, (...) pour en tirer des sons, des accords, des harmonies. "
L’homme découvre le surhumain comme une dimension cachée de sa propre nature (69).
Le libre esprit, c’est la métamorphose du saint, du sage et de l’artiste. (72). Il est la vérité de la vie aliéné qui s’oublie elle-même (73). Il est une conversion de l’existence et la victoire sur un oubli de longue date, la reprise dans la vie elle-même de toutes les tendances vitales vers la transcendance. Le libre esprit abolit l’aliénation de l’homme en revenant des « valeurs en soi » à la création des valeurs.
Un type de volonté
L’annonce d’un nouveau type d’humanité
Le surhomme : l’affirmation de l’individualité
C’est le contraire de l’homme du troupeau : passif, faible, commun
Il est unique, individu héroïque.
Le surhomme : un hymne à la vie
Il magnifie les pulsions et passions, la volonté de vivre
Il intensifie la vie, il fait sa place.
Il aime la vie
Il dit oui à ce qui est (sa situation).
Il agit comme si toute chose devrait toujours en être ainsi.
Ce que je vis là dans l’instant, je dois le vouloir éternellement.
(Voir page 121)
« De même que la pesanteur épuise toute force finie de ceux qui lancent au loin, la consomme et finalement l’anéantit, de même la force infinie du temps épuise, consomme et anéantit en chemin toutes les forces finies qui portent l’homme au-dessus de lui-même ».
La doctrine de l’éternel retour enseigne justement l’absence de sens et de valeurs du tout (monde-vie) dans lequel se fait tout estimation. La valeur totale du monde est inestimable.
Mais en ce sens, l'éternel retour est séletif, car celui qui malgré son prochain déclin aime la terre, celui-là est surhumain.
Le surhumain est élitiste :
Élévation du type humain : Société aristocratique
= Hiérarchie de valeurs entre les hommes : Pas égalité
Individus d’exception au-dessus de la masse :
Fier – Caractère remarquable – Noble – Courageux – S’affirme
Abondant – Donne (ex : Napoléon) (voir p. 122)
Le contraire de l’homme moderne :
Valorise le relâchement, le repos. Pessimiste, méfiant, lâche.
Le surhumain est dur :
Dur envers lui-même et les autres : au sens d’exigence et d’efforts.
Évite la paresse et la lâcheté, la pitié, la douceur
Force, courage et ténacité.
Il aime le défi et veut se dépasser
Ex : Grand sportif, aventurier, artiste (Beethoven)
Le surhumain est amoral :
Ne se soumet pas à l’impureté morale : faiblesse du corps
Ne fait pas le mal pour le mal = vengeance
Si il donne il le veut. Ne se sent pas obligé
Se donne sa propre loi
Il est libre :
N’est pas soumis à la morale
Ne vie pas le ressentiment : honte, culpabilité
Ni la vengeance : C’est de ta faute
Il n’est pas négatif
Il est créateur :
L’art = la valeur suprême
Donne vie et forme au monde selon sa volonté
Trace sa voie ou personne n’a été
Passage de l’homme au Surhomme :
Chameau – Lion – Enfant. (Voir p 125 – 126)
2 commentaires:
Excellent
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