mercredi 31 janvier 2007

Le pôle con

Je regardais dernièrement un documentaire à l’émission « planète bleue » de télé-québec. Ce documentaire portait sur la situation actuelle des ours polaires, notamment au Canada et au Groenland. Que vis-je ? Une situation désespérante. La fonte des glaces laisse certaines de ces bêtes recluses sur la terre ferme où règne l’absence de nourriture. Là, une femelle, avec une paire de cuisses à peine plus large que les miennes (impressionnant pour un animal qui fait 12 pieds debout sur ses pattes arrières) agonise et ne passera pas l’hiver. Bon sang, comment avoir le moindre amour pour l’homme devant le tableau de ses conséquences. À ce moment, plus rien en moi ne tend à prendre aux sérieux quelques bontés que ce soit pour mon prochain. Disqualifié me dis-je !
La situation est problématique au niveau éthique : cela va de soi. Mais, de quelle éthique parlons-nous précisément ? Celle des gouvernements, bien écrite sur papier. Celle dont l’on parle autour de la table lorsqu’on dit : « Le réchauffement, c’est terrible! » ; « Où va le monde ? » ; « Il faut récupérer, c’est bien ! » Eh bien, mes amis, derrière nos beaux dires et nos intentions de salon je ne cesse d’entendre l’hypocrisie et le grand je m’en « foutisme », la lâcheté, l’indifférence et la soie bienveillante qui couvre nos nuits sans souci.
Il va de soi que de bonnes intentions sans actualisation sont tout à fait légitimes, mais il y a une limite à notre bêtise. Le problème est que nous vivons dans une société, que nous sommes, hypocrite et malade. « Ouais ouais »… une belle annonce pour sensibiliser la population au sort de la planète et la pollution, et tout de suite une autre qui nous annonce la nouvelle Ford « patante » à 300 chevaux vapeurs qui «fly» sur la route de la liberté. Ou encore, une belle publicité sur la nécessité de la santé et de bien manger suivie d’un gros burger signé fast-food x qui nous invite lui aussi à bien le manger. En tout cas, un bon dialecticien sorti de l’antiquité nous en mettrait plein la gueule de notre ignorance et de notre sophistiquerie.

Pourquoi ne sommes nous pas capable de prendre une décision collective claire et précise sur la question de l’environnement ? La raison principale, c’est que nous n’avons pas tous les mêmes intérêts et ne partageons pas les mêmes valeurs. Si on creuse un peu, la raison de cette dissonance est le régime démocratique et sa conjointe : la libre entreprise. Le régime démocratique, parce qu’il permet la divergence des valeurs (tant et aussi longtemps qu’on respecte nos libertés individuelles), et la libre entreprise, parce qu’elle est responsable en partie de la pollution, de par la compétition qui en est une bonne cause. Dans les deux cas, ce qui est permis, c’est une certaine relativité des valeurs. Or, n’accusons pas trop vite des mots et termes où personne en particulier n’est ciblée, car c’est la leur mérite; d’être des fantômes pour qui les accuse. Accusons-nous donc nous-mêmes, nous, les colonnes flétries ; les bonnasses fières de rouler; les grands accusateurs de tour de table; les collectionneurs de projets avortés. Bon sang mes amis, qu’espérez-vous à rouler trois fois pour rien afin d’avoir le « parking » le plus près de la porte, de collectionner les emballages et d’acheter des décorations déportées que vous oublierai à la nouvelle aurore. À quoi ça sert me direz-vous, la planète et la vie continuerons sans nous ! Eh bien, voilà le problème : « sans nous». C’est en dire long de notre noblesse et de notre cran; de notre volonté de changement et de notre fermeté. À coup sûr ce qu’il nous manque, c’est de nous imposer une forme pour l’avenir, nous, la génération de l’instant et de la simplicité volontaire. Cette imposition viendra sans doute de l’extérieur… Attendons-là… Légiférons sur les choses tranquillement. Soyons de vrais chrétiens : vivons à la verticale au lieu de l’avant.
Et surtout, s’il vous plaît, ne prenons pas l’argent de l’état pour voir du lointain un ours agoniser tranquillement, nous y serons presque, très prochainement…

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Excellente réflexion sur l'absurdite ...de l'homme supposé
intelligent et évolué....

Guillaume Thériault a dit…

Cette avant midi s'annonçait banal et monotone. J'ai décidé de débuter la lecture sur le blog de mon professeur de philosophie. Le titre de l'accueil capta mon intérêt. Je me mis à lire.

Le sujet me touchait et réveilla en moi certaine réflexion qui touche la population actuelle. Je fis vite un lien avec la théorie enseigner en classe.

Et si ces fléaux environnementaux pouvaient se comparer à la révolution copernitienne? Tout est à réapprendre sur notre mode de vie. La terre n'est pas acquise, elle est simplement à l'image de ceux qui y habite.

Je suis arrivé à une conclusion suite à cette réflexion. Il est faux de croire que un individu ne peut pas faire changer ce sort. Car chacun d'entre nous vas remplacer les leaders de ce monde. Il vient de notre responsabilité de ce conscientiser et de prendre autant les conséquence que les responsabilité comme une leçon.

L'espace m'est insuffisante pour exprimer toutes les réflexions que ton texte m'a évoqué.